Actualité en Ukraine/Donbass de la semaine du 2 au 8 décembre 2018 – Source Donbass Insider

Chaque semaine, Christelle Néant de Donbass Insider, en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV, vous propose un rapport de situation (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Cette semaine, le rapport de situation couvre principalement la tentative d’infiltration ratée d’une unité du SBU en RPD, le sabotage du processus de Minsk par l’Ukraine, et le meurtre d’un enfant à Kiev par deux ex-combattants d’un bataillon néo-nazi.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 7 décembre 2019.

Donbass SitRep n°168 ~ 7 dec 2019

L’Ukraine veut réécrire les accords de Minsk, et l’épuration ethnique du Donbass

En quelques jours les autorités ukrainiennes ont fait plusieurs déclarations, allant de la proposition de prendre quelques régions de la fédération de Russie, à la volonté de réécrire les accords de Minsk, jusqu’à un appel à l’épuration ethnique du Donbass. Ces déclarations choquantes et révoltantes ont provoqué de nombreuses réactions tant en Russie qu’en République Populaire de Donetsk (RPD).

Kiev propose de prendre quelques régions à la Russie

L’Ukraine veut réécrire les accords de Minsk, et l’épuration ethnique du Donbass

Tout a commencé samedi 30 novembre, lorsque le porte-parole de la Douma, Viatcheslav Volodine a commenté le comportement de la délégation ukrainienne, qui avait interrompu le discours d’un député de Crimée, Rouslan Balbek (qui représente les Tatars de Crimée), lors d’un forum de l’ONU concernant les minorités ethniques.

Face à l’intolérance et aux discriminations que Kiev fait subir à ses minorités ethniques, Volodine a mis en garde l’Ukraine sur le fait qu’une telle attitude pourrait provoquer la perte d’autres régions et l’effondrement du pays.

« Le nationalisme et l’oppression des minorités ethniques peuvent conduire à la sécession d’un certain nombre de régions d’Ukraine. Cela doit être compris par les autorités ukrainiennes et les droits et libertés des groupes ethniques vivant dans le pays ne doivent pas être violés », a déclaré M. Volodine.

Volodine a aussi recommandé de s’inspirer des bonnes pratiques de la Russie, qui après la récupération de la Crimée a institué trois langues nationales (le russe, l’ukrainien et le tatar de Crimée). Une démarche à l’opposé de celle de Kiev, qui a institué l’ukrainien comme seule langue nationale, violant ainsi les droits de plusieurs minorités ethniques du pays (Russes, Hongrois et Polonais entre autre).

Au lieu d’apprendre de leurs erreurs, de réagir de manière calme et réfléchie, et de prendre cette mise en garde pour ce qu’elle est, les autorités de Kiev ont réagi de manière paranoïaque et agressive, à travers le post Twitter du Vice-premier ministre pour l’intégration européenne et euro-atlantique de l’Ukraine, Dmytro Kouleba.

Tweet de Dmytro Kouleba

« Volodine menaced’une sécession de régions hors d’Ukraine. Je suis obligé de le contrarier : personne ne part. À la place, nous sommes prêts à accepter quelques régions russes. Pour restaurer la justice historique, la gouvernance démocratique, et introduire les standards de vie européens» écrit-il avec une carte de territoires qui ont été revendiqués par l’Ukraine au début du 20e siècle, mais qui n’ont jamais été les siens.

Comme on le voit dès la première phrase, Kouleba prend la déclaration de Volodine de manière complètement paranoïaque. Si quelqu’un lui disait d’éloigner sa main du feu, pour ne pas se brûler, il prendrait aussi sans doute cela pour une menace. Cela montre le degré d’agressivité et de délire des autorités ukrainiennes post-Maïdan.

Concernant le fait que « personne ne part », j’aimerais rappeler à monsieur Kouleba, qu’il faut être bien présomptueux et avoir la mémoire d’un poisson rouge pour sortir une telle phrase quand son pays a déjà perdu depuis 2014 la Crimée et une partie des régions de Donetsk et de Lougansk par décision de la population de ces territoires de sortir de l’Ukraine !

Si nous analysons la suite, la déclaration de Kouleba est tout aussi délirante que le début. De quelle justice historique parle-t-il ? Ce n’est pas parce que la jeune République Populaire d’Ukraine (qui était plus nationaliste que « populaire »), qui s’est formée de manière éphémère après la révolution bolchevique, revendiquait des territoires qui appartenaient à l’empire russe avant 1917, qu’elle doit les obtenir au nom d’une « justice historique » imaginaire. Les personnes habitant dans ces régions n’ayant jamais demandé à intégrer l’Ukraine, au nom de quoi serait-il juste historiquement de donner ces régions à Kiev ?

Les nationalistes ukrainiens devraient déjà être reconnaissants envers l’union soviétique de leur avoir créé un pays bien plus étendu que ne l’a été leur république nationaliste fondée après la révolution, au lieu de les réintégrer dans ce qui avait été l’empire russe (auquel ils appartenaient jusqu’en 1917). L’URSS a déjà obligé assez de régions qui n’avaient aucun désir d’être ukrainiennes à faire partie de ce pays artificiel, ce qui crée déjà assez de tensions et de problèmes justement concernant les minorités ethniques, pour ne pas en rajouter. Sans parler des violations du droit international que cela entraînerait, les Russes vivant dans ces régions n’ayant pas plus envie de faire partie de l’Ukraine aujourd’hui que ce ne fut le cas hier.

Un point qu’a souligné Maria Zakharova dans sa réponse aux propos de Kouleba, rappelant qu’une « région russe » avait déjà fait partie de l’Ukraine (la Crimée), et qu’elle n’avait pas franchement apprécié d’y être. Résultat elle a voté en 2014 pour en sortir. La suite vous la connaissez.

Et c’est là qu’on en arrive aux deux derniers points avancés par Kouleba pour justifier cette proposition d’annexion : apporter la démocratie et les standards de vie européens à ces régions. Des propositions qui ont de quoi faire rire quand on connaît la situation en Ukraine, où les journalistes sont agressés physiquementassassinés, mis en prison, ou menacés, où leur « sécurité » est confiée à celui qui a créé une Gestapo 2.0, où des médias sont privés de licence de diffusion pour oser appeler à appliquer les accords de Minsk, où l’usage de la torture par le SBU et les bataillons spéciaux est systématique, qui est un véritable havre de paix pour les néo-nazis et les terroristes islamistes, sans parler de la corruption endémique et des fraudes qui ont entaché le premier tour des élections présidentielles ukrainiennes cette année.

Si c’est ça la conception de la « gouvernance démocratique » des autorités ukrainiennes, c’est qu’elles en ont une définition quelque peu spéciale !

Quant aux standards de vie européens, quand on voit le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) de l’Ukraine, celui de la Russie et celui de l’UE, il y a de quoi rire à gorge déployée. Même en comptant tous les pays européens, il n’y a que la Moldavie qui fait pire que l’Ukraine !

Carte du PIB des pays européens en PPA

L’Ukraine est le 2e pays le plus pauvre du continent et elle propose d’apporter les standards de vie européens à un pays (la Russie) qui est bien mieux classé qu’elle. L’Ukraine joue la fable de « la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf », et ferait bien de méditer sur la façon dont finit la grenouille en question (et pour les paranoïaques ukrainiens et leurs soutiens, ceci n’est pas une menace, ça s’appelle une mise en garde).

Quand un pays a un PIB presque équivalent au triple du vôtre, on ne propose pas à plusieurs de ses régions de leur apporter les standards de vie européens, qui, eux, en moyenne, sont égaux à plus de quatre fois votre PIB !

Après un post aussi dément qui a entraîné de nombreux commentaires railleurs sur Twitter et ailleurs, on aurait pu espérer que les officiels ukrainiens se seraient un peu calmés en ce qui concerne les déclarations délirantes et appels à violer le droit international. Mais il n’en fut rien.

Kiev veut réécrire les accords de Minsk et procéder à une épuration ethnique dans le Donbass

C’est Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, qui nous a servi la deuxième couche de déclarations contre-productives, lors d’une interview publiée dans le Spiegel.

Au cours de l’interview, Zelensky a fait deux déclarations qui ont provoqué de fortes réactions tant en Russie qu’en RPD. La première concerne sa volonté de réécrire l’ordre d’application des accords de Minsk. La deuxième concerne le sort à réserver aux habitants du Donbass qui se sentent Russes.

Concernant le premier point, Zelensky explique qu’il veut rediscuter l’ordre d’exécution des accords de Minsk, lors de la réunion au Format Normandie, en demandant à récupérer d’abord le contrôle de la frontière avec la Russie avant d’organiser les élections dans le Donbass.

« Ce sera la question [le contrôle de la frontière – NDLR] la plus difficile de toutes – si nous pouvons en discuter. Je vous le dis honnêtement : je ne suis pas d’accord avec la manière dont cette question a été décidée à Minsk. Selon les accords de Minsk, il y aura d’abord les élections, puis le contrôle de la frontière », explique-t-il avant de répondre à la question de savoir s’il veut le contrôle de la frontière avant la tenue des élections. « C’est la position générale des Ukrainiens. Mais ce n’est pas les accords de Minsk. Malheureusement, il y a là une contradiction. Et bien sûr, il faut s’attaquer à ce problème. »

Ceci est une réécriture complète de Minsk-2, et une demande qui ne sera jamais acceptée tant par la Russie que par les deux républiques populaires à cause des craintes d’épuration ethnique. Ce que semble chercher Zelensky qui continue à jouer dans cette interview le « président qui veut la paix », tout en préparant le terrain pour accuser ensuite la Russie d’avoir saboté cette même paix, à coup de phrases disant que les Ukrainiens veulent la fin de la guerre, « mais nous verrons si la Russie la veut réellement ». Une position encouragée par le journaliste qui l’interroge, lorsqu’il demande à la fin si Zelensky a un « plan B » si « la Russie bloque tout ».

Or c’est Zelensky qui s’apprête à tout bloquer, en faisant des demandes qui sont inacceptables, comme la réécriture des accords de Minsk, qui exposerait les habitants du Donbass à un risque d’épuration ethnique.

Des craintes qui sont loin d’être injustifiées ou paranoïaques, au vu des nombreuses déclarations de politiciens et officiels ukrainiens, des plans de déportation et autres appels à éliminer ou chasser les habitants du Donbass « pro-russes » qui fleurissent dans les médias, y compris dans cette interview publiée par le Spiegel.

En effet, à la fin de l’interview, Zelensky déclare qu’il ne croit pas à un sondage qui montre que la majorité des habitants de la RPD et de la RPL souhaitent « vivre en Russie », et fini par dire que ceux qui le souhaitent n’ont qu’à y partir !

« Je crois et je sais qu’il y a des gens là-bas qui sont en faveur de l’Ukraine. Et puis il y a les perdus. Et enfin, il y a ceux qui sont pour la Russie. Ceux qui sont pour la Russie peuvent partir, la Russie distribue actuellement des passeports russes illégalement. Chacun a le droit de choisir où il veut vivre. Mais sur le territoire de l’Ukraine dire que je suis un citoyen russe et que c’est ma terre, je considère cela faux et injuste. Ce n’est pas possible », déclare Zelensky.

Sauf que pour commencer Zelensky a escamoté la question du sondage en question, qui n’était pas de savoir si les gens voulaient vivre en Russie, mais si les gens voulaient que la RPD fasse partie de la Russie, ce qui constitue une différence majeure en termes d’interprétation !

Le résultat final reste néanmoins le même : Zelensky appellent ceux qui se sentent Russes et non Ukrainiens (et qui représentent une majorité de la population du Donbass) à quitter leurs terres, ce qui s’appelle un appel à l’épuration ethnique.

De plus, lorsqu’il dit que les gens n’ont pas le droit de se sentir Russes sur le territoire de l’Ukraine, je rappelle encore une fois, que ces territoires ont été Russes plus longtemps qu’ils n’ont été Ukrainiens, et que ce n’est pas parce qu’on appose la nationalité ukrainienne sur un passeport que cela change l’ethnie réelle de la personne (ce qu’ont fait les Soviétiques quand ils ont créé la République Socialiste Soviétique d’Ukraine, transformant d’un coup de crayon « magique » des Russes en Ukrainiens). Zelensky dénie donc aux habitants du Donbass le droit d’affirmer leur culture, leur ethnie, et leur langue. Ce qui est loin d’être la meilleure façon de les convaincre que Kiev ne va pas mener une épuration ethnique dans le Donbass si l’Ukraine en reprenait le contrôle.

Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions, à commencer par celle de Denis Pouchiline, le chef de la RPD qui a tenu à répondre à la volonté de réécrire les accords de Minsk.

« Les déclarations sur les intentions de discuter et de modifier l’ordre des actions prévues par les accords de Minsk montrent que le Président ukrainien ne comprend pas les bases du droit international, ni la véritable attitude à avoir envers les documents et les obligations interétatiques de l’Ukraine. De plus, Zelensky surestime sérieusement son importance en termes géopolitiques », a déclaré Pouchiline.

« Les autorités de Kiev ne doivent pas oublier dans quelles conditions l’Ukraine a signé à chaque fois des accords dans la capitale Biélorusse : quand il n’y avait pas d’autres options pour sauver son armée. Personne ne lui a donnée le droit de dicter les conditions et la séquence de mise en œuvre des accords, ni à l’époque ni maintenant. Elle est tenue de ne pas les interpréter en fonction des souhaits d’unpoliticard, mais de les réaliser sans condition », a ajouté le chef de la RPD.

De son côté Natalia Nikonorova, la ministre des Affaires étrangères de la RPD, a rappelé qu’avant d’en arriver aux élections, le gouvernement ukrainien doit mener à bien toute une série de travaux conjoints avec les républiques populaires, en particulier sur la loi accordant un statut spécial au Donbass, la loi d’amnistie, la réforme constitutionnelle, etc. Et que Kiev n’a aucun droit de demander la modification d’un accord qui a été validé par une résolution de l’ONU.

« Toute exigence supplémentaire proposée par Kiev n’a rien à voir avec la réalité – ni les représentants des républiques, ni les médiateurs du processus de Minsk ni ses garants ne permettront une révision de l’ensemble des mesures approuvées par le Conseil de sécurité des Nations unies et ayant le statut d’un instrument international juridiquement contraignant. Nous attirons une fois de plus l’attention des autorités ukrainiennes sur le fait qu’elles n’ont pas le droit de fixer leurs propres conditions – absolument toutes les mesures concernant le sort du Donbass doivent être conformes aux accords de Minsk et doivent être convenues avec les républiques. Si les dirigeants ukrainiens veulent accélérer la tenue des élections, qui sont en fait la dernière de toutes les questions du volet politique, il vaut mieux cesser de diffuser des déclarations bruyantes et totalement infondées et commencer un travail constructif – pour remplir ses engagements dans le cadre du paquet de mesures, » a déclaré la ministre.

Quant aux appels de Zelensky aux habitants du Donbass qui se sentent Russes les incitant à partir vivre en Russie, cela a suscité une réaction de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, qui a suggéré au président ukrainien d’assurer les droits des citoyens du Donbass s’il voulait obtenir leur soutien au lieu de les encourager à partir.

« Ce ne sont pas les gens qui se sont perdus, c’est le gouvernement qui s’est perdu, et ensuite il a perdu des gens ! Et les chars envoyés par Kiev pour « chercher » les gens ne les « trouveront » pas. Garantissez aux habitants leurs droits, et ils se retrouveront eux-mêmes. Soit dit en passant, les habitants du Donbass n’ont pas élu le président ukrainien en 2019 et n’ont donc pas à écouter ses conseils sur l’endroit où ils devraient aller », a-t-elle déclaré.

Maria Zakharova a aussi estimé qu’avant de s’offusquer du fait que les habitants du Donbass demandent la citoyenneté russe, les autorités ukrainiennes feraient bien de faire du ménage dans leurs rangs.

« Les maires, les gouverneurs, les politiciens de tous bords avaient des permis de séjour et la citoyenneté d’autres pays, prenant des décisions en leur faveur et sous leur dictée. Et maintenant, les autorités s’étonnent que les habitants du Donbass, coupés du reste de l’Ukraine par le blocus économique et social et privés de tous leurs droits, y compris celui de voter aux élections nationales, aient voulu obtenir la citoyenneté d’un autre pays », a rappelé la porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

En RPD, la réaction est venue d’Alexandre Kourenkov, député du Conseil Populaire et membre du comité sur la sécurité et la défense, qui a souligné que la rhétorique du président ukrainien confirme « que le plan de génocide de la population du Donbass est une véritable stratégie des autorités ukrainiennes ».

« Chaque scénario est différent de l’autre, allant de la possibilité de partir dans un délai d’un mois à l’élimination physique des personnes indésirables qui ont leur propre opinion. Ce crime doit être étouffé dans l’œuf », a déclaré le député.

Kourenkov a ensuite rappelé le scandale autour du plan de déportation de la population du Donbass qui a fuité dans la presse.

« Mentir sans arrêt, empiler les mensonges les uns sur les autres, nier toutes les accusations, même les plus évidentes – telle est la stratégie de Zelensky et de son équipe. Dans son démenti du projet de déportation des habitants du Donbass, qui n’est même pas publié sur le site officiel, le secrétaire du Conseil National de Sécurité et de Défense a immédiatement parlé de cinq scénarios que le régime de Kiev n’a pas jugé nécessaire de rendre publics. Pourquoi les détails de ces scénarios sont-ils cachés ? Parce qu’ils visent tous le génocide des habitants de la RPD et de la RPL sous des formes différentes », a ajouté Kourenkov.

Les déclarations de Zelensky montrent qu’il n’a pas l’intention d’appliquer les accords de Minsk, et qu’il n’est donc pas le « président de la paix » qu’il prétend être, avec la complicité des médias occidentaux.

Comme expliqué précédemment, Zelensky va mettre en avant ses demandes délirantes pour obtenir une réponse négative de la Russie et ainsi lui faire porter la responsabilité de l’échec des négociations de paix. Ensuite, le président ukrainien sortira son « plan B » du chapeau comme solution miracle pour régler le conflit dans le Donbass et le tour du « scénario chypriote » sera joué.

Christelle Néant

Lien de l’article : http://www.donbass-insider.com/fr/2019/12/03/ukraine-veut-prendre-des-regions-russes-reecrire-minsk-2-et-une-epuration-ethnique-du-donbass/

Deux ex-combattants de Secteur Droit arrêtés pour le meurtre d’un enfant à Kiev

Enfant tué à Kiev par deux ex-combattants de Secteur Droit - Child killed by Right Sector veterans

le 1er décembre 2019 en soirée, un enfant de trois ans a été abattu, en plein centre de la capitale ukrainienne, à l’arrière de la voiture que conduisait son père, Viatcheslav Sobolev, député du conseil régional de Kiev. La police a rapidement arrêté deux suspects, qui ont combattu au sein d’un bataillon de Secteur Droit (organisation néo-nazie) dans le conflit du Donbass. Les deux hommes ont rapidement avoué leur crime. L’Ukraine semble soudainement découvrir le danger que représente pour elle-même les néo-nazis qu’elle a soutenus et armés pour aller tuer les « séparatistes » et leurs enfants (je rappelle que plus d’une centaine d’enfants sont morts dans le Donbass à cause des tirs et bombardements de l’armée ukrainienne et des bataillons néo-nazis depuis le début du conflit).

Alexandre Sobolev avait trois ans. Il était hier soir avec sa mère à l’arrière de la voiture que conduisait son père, Viatcheslav, en plein centre de Kiev. Les Sobolev venaient de quitter le restaurant Mario qui appartient au père de famille. Viatcheslav Sobolev s’arrête à un feu rouge. Il entend un tir, la balle passe à proximité de sa tête, mais c’est celle de son fils Alexandre qu’elle a touchée.

La femme de Viatcheslav hurle, ce dernier se retourne et voit son fils touché à la tête à l’arrière de la voiture. Il sort du véhicule avec son fils dans les bras et appelle à l’aide. Alexandre est mort dans l’ambulance qui l’emmenait à l’hôpital.

Cet assassinat en plein centre de la capitale ukrainienne a provoqué une onde de choc. Car Viatcheslav Sobolev n’est pas un anonyme. C’est un homme d’affaire originaire d’Enakievo (ville de la région de Donetsk), et un député du conseil régional de Kiev au sein du parti de Petro Porochenko.

Sobolev est aussi connu pour être en conflit depuis plusieurs années avec Arthur Emelianov, ancien juge de la Cour suprême économique ukrainienne (démis de ses fonctions en 2016), qui est originaire de Donetsk.

Il y a plusieurs années, Sobolev a accusé Emelianov de le harceler et de le menacer physiquement, avec l’aide de Dmitry Linko, ex-membre du Parti Radical, de son bataillon « Sainte Marie » et d’autres personnes comme Pavel Malik, pour le dépouiller de son centre commercial à Marioupol après lui avoir pris ses propriétés à Donetsk. Le conflit entre les deux hommes d’affaire a continué jusqu’à aujourd’hui, et une nouvelle dispute aurait même éclaté récemment entre les deux hommes pour une affaire concernant de grosses sommes d’argent.

En 2016, Sobolev a reçu un mot de menaces accompagné d’un pointeur laser. Voici ce que disait le mot de menaces : « Le porte-clés c’est pour que tu réfléchisses. Et ce n’est que le début. Penses-y et pars d’ici ! Pense à toi avant de devoir penser à tes proches – tu peux devenir leur problème»

Entre temps Emelianov a fui l’Ukraine et son nom a été mentionné dans plusieurs affaires criminelles, dont une affaire d’enlèvement. En effet, en 2018, le bureau du procureur autrichien a ouvert une enquête concernant l’enlèvement d’un des propriétaires d’un hôtel situé en Autriche. Les autres propriétaires ont accusé Emelianov et Malik de l’avoir enlevé pour le forcer à signer un accord réglant le conflit de propriété qui les opposait. Une méthode digne de la mafia.

Si certains en Ukraine ont essayé de relier ce meurtre au fait que Sobolev a possédé par le passé les magasins Objora situés à Donetsk, et aux accusations de complicité avec les autorités de la République Populaire de Donetsk (RPD) qui avaient été propagées pour le salir, son entourage a rappelé que Sobolev ne possède plus ces magasins depuis plusieurs années, et que son seul gros problème récent était ce conflit avec Emelianov.

Et quoi de mieux comme hommes de mains pour une personne utilisant les méthodes de la mafia que des ex-combattants d’un bataillon néo-nazi ?

Car aujourd’hui la police ukrainienne a arrêté deux suspects. Deux hommes d’une vingtaine d’années, qui ont combattu dans le Donbass au sein d’un bataillon de Secteur Droit, une organisation néo-nazie, dont le drapeau et l’idéologie sont calqués sur ceux de Stepan Bandera et de ses hommes (qui ont collaboré avec les Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale et massacré des centaines de milliers de juifs, de Polonais, de Tziganes et de russophones).

Les deux hommes ont très vite admis leur crime devant les policiers, qui sont en train d’avancer rapidement dans l’enquête. D’après les informations publiées par le site Obozrevatel et d’autres sources, l’homme qui a tiré sur la voiture était l’un des meilleurs tireurs d’élite de son unité.

Il y a donc de fortes chances que la balle n’était pas une balle perdue, mais qu’elle était bien destinée à l’enfant, ce qui semble confirmer l’hypothèse avancée par certains (au vu du mot de menaces reçu en 2016) que la cible principale n’était pas Viatcheslav Sobolev mais bien Alexandre. Le but étant d’effrayer et de faire pression sur le père en tuant le fils.

Si Emelianov était reconnu comme étant le commanditaire, il y a néanmoins peu de chances qu’il soit amené un jour devant un juge, grâce au fait qu’il a réussi à fuir le pays malgré les nombreuses affaires pénales ouvertes contre lui, y compris en Ukraine.

Quant aux deux hommes de main, ils viennent de démontrer toute la justesse des mises en garde que je fais depuis plus de trois ans sur le danger que représentent les néo-nazis ukrainiens, pas seulement pour le Donbass, mais aussi pour l’Ukraine ou l’Union Européenne. À force d’armer, de soutenir, et de fermer les yeux sur les crimes des néo-nazis ukrainiens, il était certain qu’une telle atrocité se produirait, et je crains malheureusement qu’elle ne sera pas la dernière.

Hier soir, Alexandre, trois ans est mort assassiné par deux néo-nazis ukrainiens en plein centre de Kiev. Paix à son âme et puisse les soutiens de Kiev ouvrir les yeux sur ce qu’ils couvrent et soutiennent depuis 2013, avant que d’autres enfants ne subissent le même sort que lui.

Christelle Néant

Lien de l’article : http://www.donbass-insider.com/fr/2019/12/02/deux-ex-combattants-de-secteur-droit-arretes-pour-le-meurtre-dun-enfant-a-kiev/

RPD – Deux officiers du SBU sont morts en tentant de franchir la ligne de front

SBU - MH17 - RPD - Officiers morts

Photos : Agence DAN et milice populaire de la RPD

Une vidéo filmée près du lieu où le corps de Volotchaev a aussi été découvert a été fournie par la milice populaire.

Le fait que ce soient des officiers supérieurs qui aient été envoyés pour cette mission, et que le quartier général de l’Opération des Forces Interarmées (OFI) reconnaisse publiquement ces morts, indique que cette mission de sabotage a été planifiée et organisée sous supervision et instruction directe du haut commandement ukrainien.

D’après les informations obtenues par le MGB, ce plan a été conçu à l’été 2019, par le lieutenant général du centre d’opérations spéciales du SBU Alexandre Oustimenko, qui se serait rendu au Royaume-Uni pour coordonner l’opération. Oustimenko aurait promis au colonel Volotchaev une promotion pour cette opération – le poste de premier Chef adjoint du 6e directorat du centre d’opérations spéciales du SBU.

Le représentant du MGB de la RPD a aussi affirmé que l’opération a été organisée sans en informer ni Volodymyr Zelensky, ni Ivan Bakanov (le chef du SBU), et a appelé le président ukrainien à faire une vidéo à destination d’Oustimenko pour lui demander d’arrêter de tenter de saboter le cessez-le-feu à la veille de la réunion au Format Normandie.

Christelle Néant

Lien de l’article : http://www.donbass-insider.com/fr/2019/12/04/rpd-deux-officiers-du-sbu-sont-morts-en-tentant-de-franchir-la-ligne-de-front/

L’ONU appelle l’Ukraine à enquêter sur les vols commis par les FAU dans le Donbass

Dans un communiqué publié mercredi sur le site du bureau de l’ONU en Ukraine, la cheffe de la Mission de Surveillance des Droits de l’Homme des Nations Unies, Matilda Bogner, a appelé Kiev à respecter le droit international en matière d’utilisation d’habitations civiles et à enquêter sur les rapports de vols commis par les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) dans le Donbass.

Le bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme a appelé le bureau du procureur général ukrainien, celui du procureur militaire, le Bureau National d’Enquête, et les autres agences de maintien de l’ordre à enquêter sur les accusations d’utilisation illégale de propriétés privées à des fins militaires, ainsi que les cas de vols et de spoliations commis par des soldats ukrainiens ou des membres des forces de l’ordre.

« En cas de nécessité militaire, le droit international autorise les soldats à utiliser des bâtiments civils. Cependant, le droit international oblige explicitement l’État à fournir aux civils un autre logement ou une autre forme d’indemnisation », a rappelé Matilda Bogner. « Dans notre dernier rapport sur la situation des droits de l’homme en Ukraine, nous avons exhorté le commandement de l’Opération des Forces Interarmées à veiller à ce que les unités militaires concluent des contrats de location avec des civils lorsqu’elles utilisent leurs biens. Cela devrait entraîner le paiement des factures de charges communales et l’indemnisation des dommages ».

Un rappel qui n’est pas inutile quand on sait que des informations nous parviennent régulièrement sur des faits d’expropriation, de vol, ou de dettes de charges communales laissées par des unités ukrainiennes.

Ainsi en mai 2019, nous avions appris que des soldats ukrainiens offraient aux habitants de Novognatovka et Nikolayevka dont ils voulaient occuper la maison le choix suivant : soit ils partaient pour laisser la place aux soldats ukrainiens, avec le risque de ne rien retrouver dedans à leur retour, soit ils cohabitaient avec les soldats et devaient les servir.

Dans les deux cas, les propriétaires devaient continuer à payer les charges communales, alors que les dettes d’électricité des soldats ukrainiens ont atteint jusqu’à 75 000 hryvnias dans une des rues de Nikolayevka ! De bien entendu, les plaintes des habitants auprès de la police et de l’administration n’avaient rien donné.

Une situation qui fait écho aux exemples donnés dans le communiqué de presse de l’ONU, concernant la situation des habitants d’un immeuble d’Avdeyevka. Le communiqué indique qu’en 2014, les soldats ukrainiens ont commencé à occuper plusieurs appartements de cet immeuble situé à proximité de la ligne de front et qui offre une vue parfaite sur l’aéroport de Donetsk.

Si plusieurs appartements étaient inoccupés, les propriétaires ayant fui la zone de conflit, plusieurs vivaient toujours là quand ils ont été expropriés. Or, comme le souligne le communiqué, en violation du droit international, ni les autorités locales, ni les autorités nationales n’ont fourni une compensation financière adéquate ou un logement alternatif correct.

Les employés de la mission de l’ONU ont interrogé plusieurs des habitants de l’immeuble, qui expliquent comment leurs appartements ont été vandalisés, et leurs biens volés.

« Nous avons dû partir à cause des combats. Quand nous sommes revenus pour vérifier notre propriété, nous avons vu nos appartements vides ou en ruines », a dit l’un d’eux.

« D’après les personnes à qui nous avons parlé, des militaires ont pillé ou endommagé des meubles, des appareils électroniques et des effets personnels », indique le rapport.

Le communiqué de l’ONU signale que 30 propriétaires d’appartements ont porté plainte auprès de la police locale pour vol et destruction intentionnelle de biens. Mais depuis des années, ces affaires pénales font le ping-pong entre la police nationale et le bureau du procureur militaire, sans jamais aboutir à quoi que ce soit.

« Je comprends tout cela. C’est la guerre et il y a une nécessité militaire d’avoir un point d’observation dans mon appartement. C’est la sixième année de guerre. Pourquoi l’État n’aide-t-il pas financièrementles gens comme moi ? Pourquoi ne nous donnent-ils pas un appartement ? Je ne veux pas vivre la fin de ma vie en enfer », a déclaré Tetiana, une enseignante à la retraite.

Pour résumer, les habitants chassés de chez eux, ou dont l’appartement a été vandalisé ou dont les biens ont été volés, ont été abandonnés à leur sort !

Le pire est que le communiqué de l’ONU indique que le cas de cet immeuble est emblématique, mais qu’il est loin d’être isolé. La Mission de Surveillance des Droits de l’Homme des Nations Unies a enregistré de nombreux incidents de ce type près de la ligne de contact où des résidents ont perdu l’accès à leur maison et à leurs biens. Dans de nombreux cas, les soldats ont laissé des dettes de charges communales aux propriétaires expropriés.

Un reportage d’ICTV de décembre 2015 montrait quelques exemples des exactions commises par les soldats ukrainiens et de l’impunité totale dont ils bénéficiaient :

Comme l’indique le rapport de l’ONU, la situation est toujours la même, et les plaintes déposées n’ont jamais abouti à quoi que ce soit. Et ce comportement criminel tant des soldats ukrainiens que des autorités, montre clairement la façon dont ils considèrent les habitants du Donbass : des citoyens de seconde zone dépourvus des droits les plus fondamentaux.

Il est temps pour l’ONU d’appeler un chat, un chat, et de prendre des mesures sérieuses contre l’Ukraine pour les nombreuses violations des droits des citoyens du Donbass commises par l’armée ukrainienne et les autorités du pays depuis plus de cinq ans.

Christelle Néant

Lien de l’article : http://www.donbass-insider.com/fr/2019/12/05/lonu-appelle-lukraine-a-enqueter-sur-les-vols-commis-par-les-fau-dans-le-donbass/

Changement de négociateurs, garde municipale – Kiev sabote Minsk-2

Kiev - Sortie des accords de Mins - Exit from Minsk agreementsk

Alors que la réunion au Format Normandie doit avoir lieu dans trois jours, Kiev continue d’avancer proposition délirante sur proposition délirante pour poursuivre le sabotage du processus de Minsk jusqu’à son blocage complet. Les quatre dernières propositions farfelues en date : créer une garde municipale regroupant des forces de la Garde Nationale ukrainienne (composée en grande partie de bataillons néo-nazis), des forces de l’OSCE et des forces des deux républiques populaires, pour assurer l’ordre dans le Donbass, changer les négociateurs des deux républiques à Minsk pour des gens qui n’ont rien à voir avec les gouvernements élus des Républiques Populaires de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL), « moderniser » les accords de Minsk après la réunion au Format Normandie, et créer un cinquième groupe de contact en charge du contrôle de la frontière.

À trois jours de la réunion qui doit avoir lieu à Paris entre Emmanuel Macron, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, et alors que cette réunion promet de n’aboutir sur rien d’extraordinaire (le porte-parole du Kremlin lui-même ayant déclaré qu’au mieux ils arriveraient à signer un accord non-contraignant, autant dire du vent pour faire de belles déclarations), les autorités ukrainiennes continuent dans leur démarche de propositions délirantes et inapplicables en vue d’obtenir une réponse négative de la Russie, de la RPD et de la RPL.

Après les propositions visant à réécrire l’ordre d’application des accords de Minsk, Zelensky a trouvé une nouvelle idée délirante pour saboter les accords de Minsk : proposer lors de la réunion au Format Normandie de créer une garde municipale composée à parts égales de membres de la Garde Nationale ukrainienne, de l’OSCE, de la RPD et de la RPL.

Cette déclaration aurait été faite par le président ukrainien lors d’une réunion avec des activistes du Maïdan qui auraient été victimes des violences des Berkout (police anti-émeutes) en 2013, et a été rapportée par Evgueni Serdiouk à la chaîne Espreso.TV.

Zelensky aurait déclaré que c’était une des idées de son équipe, et que les membres de cette « garde municipale » venant de la RPD et de la RPL devaient ne pas avoir participé au conflit. Par contre inclure des membres issus de bataillons néo-nazis (qui composent la majorité de la Garde Nationale ukrainienne), qui ont participé au conflit dès le début, tué, violé et torturé des civils du Donbass, cela ne semble pas gêner Zelensky !

Sauf à ce que le président ukrainien soit un benêt fini, il ne peut pas ignorer le fait qu’une telle proposition sera forcément refusée par les républiques populaires du Donbass, et donc par la Russie. Ni la RPD ni la RPL ne pourront jamais accepter que des néo-nazis ukrainiens assurent la « sécurité » dans les rues de leurs villes. Surtout quand on voit que ces mêmes néo-nazis assassinent des enfants dans les rues de Kiev.

Un point qu’a souligné Denis Pouchiline en réponse à cette nouvelle proposition de Zelensky. Le Chef de la RPD a aussi tenu à rappeler que l’ordre est déjà parfaitement assuré par la police de la République, et qu’il n’y a nul besoin de faire venir des néo-nazis ukrainiens. Il a aussi recommandé à Zelensky de commencer par s’occuper à remettre de l’ordre dans son pays avant de vouloir le faire en RPD et en RPL.

«Kiev n’abandonnera pas ses tentatives infructueuses de réécrire le Paquet de mesures à sa guise. Je recommande vivement au Président ukrainien de rétablir l’ordre dans son pays et de réfléchir à ce qu’il devrait faire avec les nationalistes et les bataillons terroristes. Jusqu’à présent nous n’avons rien vu d’autre que des réunions de feu de camp et des bêlements devant les radicaux.
Les « gardes municipaux » devraient être créés à Kiev, où, en réalité, le conflit dans le Donbass a commencé en 2014. 
Quant aux unités de milice populaire, selon le Paquet de mesures, elles ne devraient être créées que par décision des conseils locaux du Donbass, et nous n’autoriserons aucun membre de la Garde Nationalsur nos terres.
Pendant que Zelensky et ses serviteurs tentent de lutter contre les accords de Minsk, nous poursuivons notre intégration avec la fédération de Russie et nous nous développons en tant qu’État de droit. Sur le territoire de la République Populaire de Donetsk, les forces de l’ordre sont pleinement opérationnelles et tous les droits 
de l’homme et les libertés sont respectés et protégés. Nous nous acquittons de nos obligations de maintien de l’ordre dans le pays et nous n’avons pas besoin des conseils d’un homme qui a des accointances avec ceux qui tirent sur des enfants dans le centre de la capitale et qui est responsable des activités effrénées de gangs incontrôlés et de groupes ultra-radicaux en Ukraine à une échelle sans précédent » a déclaré Denis Pouchiline.

Le Chef de la RPD a conclu en appelant Zelensky à cesser ces verbiages inutiles qui ne servent qu’à remplir l’espace médiatique et à se mettre concrètement au travail pour appliquer les accords de Minsk.

En RPL, c’est Rodion Mirochnik, représentant de la République à Minsk qui a souligné le caractère inacceptable d’une telle proposition, et le fait qu’elle violait les accords de Minsk.

« C’est une idée trop créative de Zelensky, mais elle est complètement inapplicable dans la vie réelle. Aucun des combattants de la milice populaire ne travaillera avec des maraudeurs et des assassins. Eh puis, pour l’information de Zelensky, l’OSCE n’a aucune unité de combat. Il s’agit d’une mission purement civile », a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.

Comme Denis Pouchiline, Rodion Mirochnik a rappelé que la sécurité est pleinement assurée en RPL par la milice populaire et que la République n’a aucun besoin d’une telle « garde municipale ».

La deuxième proposition délirante est venu de l’assistant du Président ukrainien, Andreï Ermark, qui a déclaré à Londres que Zelensky voulait promouvoir l’idée d’étendre ou de remplacer les représentants de la RPD et de la RPL lors des négociations à Minsk,

« Auparavant, 6 millions de personnes vivaient dans ces territoires (dans les régions de Donetsk et de Lougansk – NDLR), aujourd’hui (en RPD-RPL) il en reste 1,5 million. Les autres sont partis », – a-t-il souligné, ajoutant que de nombreux migrants vivent dans le territoire contrôlé par l’Ukraine.

Pour Ermak, ces faits (qui sont complètement faux, puisqu’il y a environ 2,3 millions de personnes en RPD, et 1,5 millions en RPL, et que bon nombre de migrants issus du Donbass sont partis en Russie) justifieraient de changer les représentants des deux républiques à Minsk afin de refléter la position des personnes déplacées.

« Nous voulons que les représentants des territoires soient des personnes qui ont des liens, un enregistrement à l’état-civil, des biens immobiliers, c’est-à-dire qu’ils ont un lien juridique avec le fait qu’ils peuvent représenter ces territoires », a-t-il expliqué.

« Nous voulons qu’ils soient bien connus dans le Donbass », a déclaré M. Ermak.

Les représentants de la RPD et de la RPL à Minsk sont issus des gouvernements des deux républiques élus par les habitants, c’est-à-dire des gouvernements légitimes. Ce n’est pas à l’Ukraine de choisir avec qui elle doit négocier, pour sélectionner ceux qui lui seront favorables, en envoyant à Minsk pour représenter la RPD et la RPL des oligarques ou autres « personnalités » pro-Bandera qui n’ont jamais été désignés par la population qu’ils sont censés représenter. Une proposition pareille relève du délire de niveau psychiatrique et contredit totalement les accords de Minsk !

Un point qu’a souligné Natalia Nikonorova, la ministre des Affaires étrangères de la RPD, en réponse à cette « proposition ».

« Les plans du gouvernement ukrainien visant à modifier la composition du Groupe de contact trilatéral contredisent totalement l’essence même du processus de Minsk, qui vise à amener les parties opposées à la table des négociations pour résoudre le conflit. Si le gouvernement ukrainien choisit avec qui négocier, tout le processus perd son sens. Il est clair que les autorités ukrainiennes ne veulent pas parvenir à un accord avec les représentants légitimes des républiques qui défendent les intérêts légitimes du peuple, mais qu’elles envisagent de choisir plutôt des « têtes parlantes » qui exprimeront un point de vue qui leur convient. Ils ne pourront pas le faire. Ni nous, ni les médiateurs internationaux du processus de Minsk ne permettrons la révision des accords approuvés par la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies », a déclaré la ministre.

Natalia Nikonorova a aussi appelé Kiev à appliquer ce qu’elle a signé, et d’arrêter de faire croire qu’elle met en œuvre les accords de Minsk avec ses mesures « écran de fumée ».

« Au lieu d’inventer de nouveaux formats de négociation à Minsk, d’attirer de nouveaux participants et de remplacer ceux qui existent déjà, l’Ukraine devrait commencer de son côté à respecter ses engagements au titre du Paquet de mesures. Les autorités de Kiev déclarent ouvertement qu’elles n’accorderont jamais aux républiques un statut spécial pour tenter de le remplacer par la notion de décentralisation, et elles mentent aussi ouvertement sur leur conformité constitutionnelle avec les dispositions du Paquet de mesures.
Je voudrais rappeler que le Paquet de mesures prévoit les paramètres du statut spécial qui concernent spécifiquement le Donbass : l’autodétermination linguistique, le pouvoir des autorités locales de nommer des représentants du Bureau du Procureur et des tribunaux, la possibilité de conclure des accords avec Kiev sur le développement économique, culturel et social, la possibilité d’avoir nos milices populaires, etc. C’est précisément ce que le gouvernement ukrainien doit prendre en compte lors de la réforme constitutionnelle visant à consolider le statut spécial du Donbas
s, conformément au paragraphe 11 du Paquet de mesures.

Le projet actuel ne contient pas et ne peut pas contenir de telles dispositions, car il est destiné à l’ensemble du territoire de l’Ukraine. Il s’agit d’une tentative de changer les concepts. Pour dire les choses simplement, c’est une supercherie» a ajouté la ministre.

Pour Mme Nikonorova, cette proposition d’Andreï Ermak de changer les représentants vient du fait que les deux républiques exigent que Kiev discute directement avec le peuple du Donbass et non avec la Russie, qui n’est qu’un médiateur des négociations et non partie prenante du conflit, comme l’OSCE.

«M. Ermak insiste avec acharnement pour que la composition du Groupe de contact soit modifiée du côté des républiques uniquement parce que nous exigeons de la partie ukrainienne un dialogue avec notre peuple et non avec la fédération de Russie, qui, comme l’OSCE, est un médiateur dans le processus de négociation. Ainsi, tout d’abord, les amendements à la Constitution doivent être convenus avec nous, les représentants « détestés » des républiques, et ce n’est qu’ensuite que la réforme constitutionnelle peut avoir lieu conformément aux exigences du paquet de mesures. Cela vaut également pour les élections locales que l’Ukraine a l’intention d’organiser à l’automne 2020, en même temps que dans les autres régions. Nous rappelons aux autorités de Kiev que selon la formule Steinmeier convenue par M. Ermak lui-même et signée par M. Koutchma, les élections dans le Donbass seront extraordinaires et ne dépendront en rien du cycle électoral ukrainien. Les actions unilatérales de Kiev n’ont fait que neutraliser les petits succès qui ont émergé dans le processus de Minsk ces derniers temps », a conclu la ministre des Affaires étrangères.

Si l’Ukraine ne veut pas discuter avec les représentants légitimes de la RPD et de la RPL, c’est parce que Kiev est embourbé dans sa propagande officielle qui les décrit comme des terroristes ou des collaborateurs de l’occupant. Or si les autorités ukrainiennes se mettent à discuter ouvertement et directement avec eux, cela légitimerait les représentants des deux Républiques et annihilerait plus de cinq ans de propagande officielle.

D’autres propositions faites par des officiels ukrainiens montrent clairement que contrairement à ce qu’il prétend publiquement dans ses interviews, Zelensky ne veut pas appliquer les accords de Minsk pour mettre fin au conflit.

Ainsi l’un des représentants ukrainiens à Minsk, Alexeï Reznikov a proposé sur le plateau de la chaîne « 1+1 » de modifier (« moderniser ») les accords de Minsk à l’issue de la réunion au Format Normandie. Chose impossible puisque ces accords ont été validés par une résolution de l’ONU, comme l’a souligné Alexeï Nikonorov, le représentant de la RPD au sein du groupe de contact en charge des questions de sécurité.

« Si les documents, indésirables ou difficiles à appliquer pour les autorités ukrainiennes, doivent être révisés et réécrits chaque fois qu’ils le souhaitent, ce processus sera sans fin. Une telle approche ne fera qu’aboutir à une impasse dans le processus de négociation et pourrait éventuellement conduire à une nouvelle spirale d’escalade armée. De plus, on ne peut pas parler d’une « modernisation » qui convienne à Kiev, parce que les accords de Minsk ont été adoptés et approuvés par la communauté internationale », a répondu Nikonorov.

Reznikov a aussi proposé de créer un cinquième groupe de contact à Minsk pour discuter du contrôle de la frontière. Ce qui est là aussi une proposition inutile, puisque avant d’en arriver à cette question, l’Ukraine doit d’abord appliquer la totalité des autres points des accords de Minsk qui n’avancent pas d’un pouce depuis cinq ans. À quoi bon créer un groupe de discussion supplémentaire, si ce dernier est aussi stérile que les autres ? C’est ce qui s’appelle brasser du vent pour dire les choses poliment.

Cette méthode de sabotage n’est pas nouvelle, car comme l’a souligné Nikonorov, l’équipe de Porochenko n’a eu de cesse de faire le même genre de propositions, ce qui a empêché tout progrès réel du processus de paix.

Et si vous voulez une preuve que le « plan B » de Kolomoïski-Zelensky (à savoir le sabotage complet des accords de Minsk pour aboutir à un échec lors de la réunion au Format Normandie pour ensuite passer au scénario chypriote) est bien en route, il vous suffit de regarder la suite des propos d’Andreï Ermak à Londres.

En effet l’assistant du Président ukrainien a déclaré que si la Russie n’acceptait pas un accord avec l’Ukraine (soi-disant à propos du cessez-le-feu et de l’échange de prisonniers, mais en réalité portant sur ces idées de modifier les accords de Minsk) le 9 décembre, alors Kiev construira un mur pour séparer la RPD et la RPL de l’Ukraine, et qu’ils vivront donc « selon le scénario d’un conflit gelé » !

Or c’est exactement ce que prévoit le scénario chypriote de Kolomoïski-Zelensky : geler le conflit pour faire croire que Zelensky a tenu ses promesses pré-électorales de paix et faire venir des investisseurs en Ukraine. Comme je l’avais indiqué le mois passé, chaque jour qui passe montre que jusqu’ici la mise en œuvre du scénario chypriote de Kolomoïsky-Zelensky se passe comme prévu, sans que les garants occidentaux des accords de Minsk ne réagissent à cette supercherie.

Christelle Néant

Lien de l’article : http://www.donbass-insider.com/fr/2019/12/06/garde-municipale-changement-de-negociateurs-kiev-continue-le-sabotage-du-processus-de-minsk/

Par donbass insider : http://www.donbass-insider.com/fr/accueil/

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