Les agriculteurs allument des feux de la colère et menacent de bloquer le périphérique de Toulouse

S’opposant à un arrêté, les agriculteurs allume un premier « feu de la colère » en Haute-Garonne, lundi 23 septembre 2019. Et menacent de bloquer Toulouse s’ils ne sont pas entendus.

Les automobilistes s’en souviennent encore. En 2018, les agriculteurs de Haute-Garonne avaient bloqué le périphérique de Toulouse pour exprimer leur colère face aux pouvoirs publics.

La question des pesticides

La même situation pourrait se répéter si le gouvernement ne répond pas favorablement à leur nouvelle demande. En cause ? Un projet d’arrêté encadrant les ZNT (zones de non-traitement), interdisant l’utilisation des pesticides à proximité des habitations. « L’arrêté proposé est inacceptable », explique la FDSEA 31 (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) dans un communiqué. « Les distances ne sont en aucun cas une réponse à la nécessaire protection des riverains ». Les agriculteurs demandent le retrait de cette disposition. 

Pour le moment, le gouvernement a proposé de fixer une distance minimale à respecter entre habitations et zones d’épandage de produits phytosanitaires agricoles de 5 mètres pour les cultures dites basses (céréales par exemple) et à 10 mètres pour les cultures hautes, telles que les vignes ou l’arboriculture.

Un première action, lundi

De son côté, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles met en avant l’efficacité des pratiques et des équipements, notamment les buses anti-dérives :

Les agriculteurs ont toujours pris en compte la santé des riverains. Il est temps que les arguments techniques et économiques des professionnels soient enfin entendus et considérés.

Un premier rendez-vous est donné. Lundi 23 septembre 2019, vers 21 heures, au rond-point de l’A64, à Capens (Haute-Garonne), les agriculteurs allumeront un feu pour exprimer leur colère. D’autres actions sont prévues ailleurs dans le département, notamment à Villefranche-de-Lauragais et à Cornebarrieu

Ils menacent de bloquer le périphérique

Luc Mesbah, secrétaire général adjoint de la FDSEA en Haute-Garonne, explique à Actu Toulouse :

Nous serons présents tous les soirs, cette semaine. Et si le gouvernement n’écoute pas nos revendications, nous bloquerons Toulouse dès vendredi. C’est un ultimatum que nous lui lançons. 

Un « manque à gagner » pour les agriculteurs

L’agriculteur pointe un paradoxe autour de ces nouvelles réglementations :

Ces zones de non-traitement sont un manque à gagner pour les agriculteurs. Or, les agriculteurs français sont formés à l’utilisation des produits phytosanitaires. Par ailleurs, ces distances ne sont en aucun cas une réponse à la protection des consommateurs. Je rappelle que deux tiers des fruits et légumes dans vos assiettes proviennent de l’étranger. Dans la restauration collective, 80 % de la viande consommée n’est pas française…

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