Qui a voté la motion UE anticommuniste ? Evidemment, Glucksmann, mais aussi Larrouturou, des Verts, aux côtés des extrémistes de droite du RN FN ! (Par pole de renaissance communiste en France)

Voici la liste des euro-députés de la honte qui ont voté la motion négationniste de chasse aux sorcières qui banalise le nazisme et qui criminalise le communisme historique en mettant sur le même plan le Troisième Reich exterminateur et son principal vainqueur, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

C’est-à-dire en renvoyant dos à dos les protagonistes de Stalingrad, à savoir, d’un côté, les lyncheurs de masse du nazisme et de l’autre, l’héroïque Armée rouge ouvrière et paysanne.

Au nom du PRCF, je pose deux questions aux camarades du PCF qui s’apprêtent à faire des « listes de gauche sans exclusive » avec le parti « socialiste » et avec les verts qui ont soutenu cette motion scélérate : au nom d’une union de la gauche sans rivage qui ménage la social-démocratie et la « construction » européenne (prétendument redressable de l’intérieur), allez-vous présenter des listes communes aux municipales avec émules « écolos » et « socialistes » du sénateur Mac Carthy ?

Et à tous les faux antifascistes travestis en « antitotalitaires » qui mettent un signe égale entre la Wehrmacht exterminatrice et l’Armée rouge, je pose avec insistance la question suivante : à Stalingrad, quel camp eussiez-vous choisi, sachant que « ne pas choisir » revenait forcément (comme en Espagne durant la « non-intervention » de Blum – et la très forte intervention d’Hitler et de Mussolini -, en Autriche face à l’Anschluss, ou à Munich, où Hitler s’adjugea l’Europe centrale avec la bénédiction de Londres et de Paris) à choisir l’envahisseur fasciste ?

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, fils de Raymond Gastaud, Résistant gaulliste décoré par la France, les Etats-Unis d’Amérique et la République populaire de Pologne.

Groupe des Verts/Alliance libre européenne :

Gwendoline DELBOS-CORFIELD
Benoît BITEAU
François ALFONSI

Groupe de l’alliance progressiste des socialistes et démocrates (PS et Place publique)

Pierre LARROUTUROU
Aurore LALUCQ
Sylvie GUILLAUME
Raphaël GLUCKSMANN

Groupe Renouveler l’Europe (LREM et alliés)

Stéphanie YON-COURTIN
Chrysoula ZACHAROPOULOU
Professor Véronique TRILLET-LENOIR
Stéphane SÉJOURNÉ
Dominique RIQUET
Fabienne KELLER
Valerie HAYER
Bernard GUETTA
Pascal DURAND
Jérémy DECERLE
Pascal CANFIN
Sylvie BRUNET
Stéphane BIJOUX
Marie-Pierre VEDRENNE
Irène TOLLERET
Nathalie LOISEAU
Pierre KARLESKIND
Christophe GRUDLER
Laurence FARRENG
Gilles BOYER

Groupe du Parti populaire européen (LR)

Nadine MORANO
Brice HORTEFEUX
Agnès EVREN
Geoffroy DIDIER
Arnaud DANJEAN
François-Xavier BELLAMY
Anne SANDER
Nathalie COLIN-OESTERLÉ

Groupe Identité et démocratie (RN et alliés)

André ROUGÉ
Maxette PIRBAKAS
Philippe OLIVIER
Thierry MARIANI
Julie LECHANTEUX
Gilles LEBRETON
Jean-François JALKH
France JAMET
Catherine GRISET
Gilbert COLLARD
Dominique BILDE
Aurelia BEIGNEUX
Nicolas BAY
Jordan BARDELLA
Mathilde ANDROUËT
Jérôme RIVIÈRE
Hélène LAPORTE
Virginie JORON
Annika BRUNA

Et la poignée de courageux antifascistes qui a voté contre est…..

Groupe de la GUE-NGL (France Insoumise)

Manon AUBRY
Emmanuel MAUREL
Younous OMARJEE
Anne-Sophie PELLETIER

Combattons la fascisation et le négationnisme historique de l’Union européenne !

Lettre ouverte du Pôle de Renaissance Communiste en France aux organisations politiques progressistes et aux organisations syndicales au sujet d’une résolution adoptée par le Parlement européen !

Jeudi 19 septembre 2019, le Parlement européen a adopté, en catimini, une résolution intitulée « Importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ». 535 eurodéputés, parmi lesquels des « socialistes » du PS et des « écologistes » d’EELV, ont approuvé un texte mettant sur un même pied d’égalité le communisme et le nazisme, faisant du pacte germano-soviétique du 23 août 1939 la cause unique du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, proposant de réécrire l’histoire au mépris de la recherche historique et des nombreux travaux déjà rédigés sur cette période, et surtout se disant

« préoccupé par le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics et à des fins commerciales, tout en rappelant qu’un certain nombre de pays européens ont interdit l’utilisation de symboles nazis et communistes» (article 17).

Comprenons par là, non pas la croix gammée – qui fort heureusement n’est pas réapparue encore à ce point dans le paysage public ! –, mais bel et bien la faucille et le marteau du prolétariat international, l’étoile rouge ou encore la figure du Che.

Depuis plusieurs années, le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) et les Jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF) ne cessent d’alerter contre la fascisation de l’Europe et l’euro-fascisation – somme toute intimement liées – qui menacent plus que jamais les libertés publiques et politiques fondamentales, notamment en France, et ciblant essentiellement les forces communistes et progressistes. Déjà, le Parti communiste polonais (PKP) est la cible du gouvernement réactionnaire et fascisant de Varsovie, sous la menace constante d’une criminalisation juridique, alors que les forces antisémites et réactionnaires peuvent défiler dans les rues de la capitale en braillant leurs slogans fascistes, comme le 11 novembre 2017. Plus généralement, partout en Europe se déploient et défilent des forces ouvertement nostalgiques du IIIe Reich et des régimes fascistes, de la Lettonie à l’Espagne, de la Grèce à la Suède, quand elles ne sont carrément pas au pouvoir comme en Ukraine, ou très fortement représentées au Parlement et dans les institutions comme en Autriche, en Allemagne ou en Italie.

Parallèlement, la répression anti-associative, antisyndicale et anti-politique, visant avant tout les militants d’un large spectre de la gauche, s’accentue en France. En atteste l’actuelle traque à l’encontre du député de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon (même Libération, qui ne manque jamais une occasion d’attaquer Mélenchon, affirme qu’il s’agit probablement d’un « procès politique » !). Sans compter les violences d’Etat accrues et banalisées à l’encontre des gilets jaunes, des manifestants – y compris lors des « marches pour le climat et la justice sociale » –, des lycéen(ne)s et étudiant(e)s, des sans-papiers, etc., plus généralement envers toutes celles et tous ceux opposés au « Nouveau Monde », qui lui n’hésite pas à employer des milices et des usurpateurs de « l’autorité étatique » comme l’a spectaculairement démontré l’affaire Benalla.

Plus que jamais,sous des formes évidemment différentes de celles des années 1930 mais avec la même volonté d’écraser sans pitié le monde du travail et les forces progressistes, le régime Macron accélère la fascisation du pays, à l’image de ce qui se passe dans le reste de l’Europe.

Et pendant ce temps, l’Union européenne, si préoccupée à promouvoir la « totale liberté de circulation » (avant tout celle des capitaux et des capitalistes), verse dans le négationnisme historique le plus honteux et diffamant, reprenant les vieilles antiennes des historiens allemands (et par la suite français, etc.) de la droite réactionnaire à la suite d’Ernst Nolte – ce que l’on a appelé la « querelle des historiens » – dans les années 1980, à savoir que « nazisme = communisme » et que le pacte germano-soviétique serait une « alliance » entre les « totalitarismes » qui aurait précipité l’Europe dans la guerre, guerre que les « démocraties » (inutile d’indiquer « libérales », cela coule tellement de source !) auraient subie sans pouvoir s’opposer aux desseins machiavéliques des nazis et des communistes.

Mais cette fois-ci, une étape a été franchie vers une criminalisation à grande échelle du communisme, relégué à une simple équivalence du nazisme, cette idéologie et ce régime par essence criminels et anti-Lumières, racistes et antisémites, dont les ennemis majeurs furent… les communistes. Comment en effet oublier les Fronts populaires espagnol et français, la guerre d’Espagne au cours de laquelle les Brigades internationales et l’URSS soutinrent les forces républicaines face aux forces franquistes appuyées par Mussolini et Hitler, la Résistance animée dans toute l’Europe par les partisans communistes de la France à la Grèce, de l’Italie à la Yougoslavie, et évidemment Stalingrad ?! Comment oublier que l’URSS a joué un rôle décisif dans la victoire contre l’Allemagne nazie et les collabos de l’Europe entière, au prix de plus de 25 millions de morts ?! De Gaulle lui-même le reconnaissait quand il signa, en décembre 1944, un traité d’amitié et de coopération avec Joseph Staline : « Les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération » !

Pourtant, le Parlement européen affirme exactement le contraire à travers cette résolution inacceptable pour tout démocrate, quelles que soient les divergences politiques et idéologiques et les différences d’appréciation que l’on peut porter sur l’histoire de l’URSS et du communisme. Ce texte, qui attente tout simplement à la liberté d’opinion et d’expression ainsi qu’aux travaux historiques utilisant la démonstration scientifique et rationnelle, représente un immense danger pour trois raisons :

D’abord, ce texte prétend imposer une version officielle et unique de l’histoire du continent européen au XXe siècle, à travers le seul prisme de l’idéologie dominante, celle des tenants de l’UE et de sa « concurrence libre et non faussée »(de fait, des anticommunistes notoires). Si le texte évoque – arbitrairement et univoquement – le pacte germano-soviétique (qui, rappelons-le, est un pacte de NON-AGRESSION, ayant de surcroît permis à l’URSS de poursuivre sa préparation militaire pour vaincre l’Allemagne nazie dans un conflit inéluctable – il suffit de lire Mein Kampf pour en prendre conscience !), il passe totalement sous silence les honteux et lâches accords de Munich de septembre 1938, lorsque les dirigeants pseudo-démocrates du Royaume-Uni et de la France livrèrent les Sudètes tchécoslovaques aux appétits hitlériens, trahissant au passage les « alliances de revers » sensées garantir la sécurité des pays d’Europe centrale et orientale ; tout ceci sans consulter une URSS jugée tellement plus dangereuse que l’Allemagne nazie… Et bien entendu, inutile pour la dite résolution d’évoquer toute une série d’événements démontrant sans contestation possible que, comme le pensaient si bien tous les anticommunistes de l’époque, il valait mieux avoir « Hitler plutôt que le Front populaire » … D’ailleurs, nous l’affirmons sans ambiguïté : oui, les régimes réactionnaires et fascisants polonais et baltes de l’entre-deux-guerres, par leur haine du communisme et leur antisémitisme, furent aussi complices et responsables de l’immense carnage à l’encontre des Juifs et des résistants de tout poil, communistes en tête. Qu’importe pour l’UE, proclamant une lecture de l’histoire idéologique totalement mensongère et diffamatoire, lecture que n’importe quelle recherche historique un minimum fouillée et honnête suffit à démonter. Pour preuve : l’article 3 « rappelle que les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qui auront à jamais marqué le XXe siècle » ; en quoi les régimes communistes d’Europe de l’Est ont-elles participé à des « massacres » et « génocides » au XXe siècle ??!! D’où sort une telle affirmation diffamatoire ??!!

Cette vision de l’histoire, qui prétend devenir vérité officielle et unique pour l’ensemble des pays membres de l’UE, débouche sur une propagande massive pour réécrire les programmes d’histoire enseignés en classe. C’est à quoi incite l’article 12, qui « demande à la Commission de fournir un soutien concret aux projets de travail de mémoire et de souvenir historique dans les États membres ainsi qu’aux activités de la plate-forme pour la mémoire et la conscience européennes, et d’affecter des ressources financières suffisantes, dans le cadre du programme ‘‘L’Europe pour les citoyens’’, au soutien à la commémoration et au souvenir des victimes du totalitarisme, comme demandé dans la position du Parlement sur le programme ‘‘Droits et valeurs» 2021-2027’’ ». Exactement dans la lignée de ce que le sinistre Jean-Michel Blanquer annonçait le 16 mai 2018 à l’Assemblée nationale, affirmant sans ambiguïtés qu’il est « totalement prioritaire d’ancrer l’idée européenne chez les jeunes, en faisant bien comprendre que c’est leur avenir », notamment en s’assurant que l’enseignement de l’histoire fasse « référence à nos racines européennes ». Plus que jamais, la propagande européiste se confond avec la falsification historique et la haine du communisme, au nom des « valeurs de l’Europe » ; et tant pis si parmi les eurodéputés ayant voté se trouvent des réactionnaires du PiS polonais, c’est-à-dire l’extrême droite réactionnaire et fascisante du continent.

Enfin, l’UE formule des menaces à peine voilées à l’encontre des forces communistes, selon une logique de criminalisation juridique et politique croissante. Comment comprendre autrement l’article 17 ainsi que l’article 18 selon lequel « l’UE constate que le maintien, dans les espaces publics (parcs, places, rues, etc.) de certains États membres, de monuments et de mémoriaux glorifiant les régimes totalitaires ouvre la voie à la dénaturation des faits historiques relatifs aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à la propagation d’un système politique totalitaire » ; à quand l’arrestation de personnes arborant un t-shirt à l’effigie de Guevara ou orné de la faucille et du marteau ?! A quand l’obligation de débaptiser la station de métro Stalingrad ?! Et tant qu’on y est, à quand l’interdiction de la Fête de l’Humanité et des organisations qui, comme le PRCF, refusent de renier la Révolution d’Octobre, l’emblème ouvrier et paysan, la Commune de Paris ou la Révolution jacobine, elle aussi en voie de diabolisation depuis des décennies ?!

Camarades communistes, citoyens progressistes, jeunes et moins jeunes, attachés aux libertés et à l’égalité héritées de la Révolution française, de la Commune de Paris et du Front populaire, patriotes antifascistes fidèles à l’esprit antifasciste du Conseil National de la Résistance, forces syndicales et associatives opposées à la Réaction : l’heure est gravissime et n’est plus à la tergiversation face à l’offensive euro-fasciste, mais bel et bien au rassemblement pour composer un Front unique sur cette question de l’anticommunisme d’État comme fourrier de la fascisation continentale. Ne croyons pas que seuls les communistes seraient victimes de cette mesure ; il s’agit d’un ballon d’essai visant à terme à éliminer politiquement et juridiquement tous les opposants à l’euro-dictature capitaliste et néolibérale en Europe, avec la complicité de l’atlantisme belliqueux cherchant la guerre ouverte avec la Russie. Comme le déclarait déjà le pasteur Niemöller – pourtant peu suspect de philo-communisme ! – au sujet de l’ascension du nazisme en Allemagne :

« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

C’est pourquoi nous, militants du PRCF et des JRCF, appelons tous les vrais démocrates de chaque pays européen à se dresser tous ensemble en même temps contre la chasse aux sorcières anticommuniste continentale qui, encouragée par l’UE en marche vers la régression sociale généralisée et par l’OTAN en quête d’aventure militaire contre le peuple russe, fait partout et toujours le lit du fascisme qui frappe ensuite TOUS ses opposants, comme l’a démontré l’expérience historique, en France et partout ailleurs.

Dénonçons et combattons cette résolution mortelle pour les libertés publiques et politiques, et qui fait le jeu de toutes les forces réactionnaires et fascisantes du continent ! Les barricades n’ont que deux côtés, et face à l’offensive actuelle il faut désormais choisir son camp : l’anticommunisme européiste assimilant honteusement le communisme au nazisme et criminalisant les forces progressistes et révolutionnaires ; ou la démocratie et l’antifascisme, nécessitant un engagement sans faille contre l’euro-fascisation galopante sur l’ensemble du continent.

Voilà pourquoi nous vous demandons instamment de prendre position de manière catégorique contre la résolution scélérate du Parlement européen, contre la répression anticommuniste en Pologne, en Ukraine, dans les Pays baltes et dans d’autres pays de l’Est, et de bien méditer la remarque de l’écrivain antifasciste Thomas Mann :

« Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme. »

Thomas Mann

Anticommunisme ou Antifascisme, il faut choisir ! par Georges Gastaud et Annie Lacroix-Riz

Par Georges Gastaud, co-auteur du Livre noir de l’anticommunisme et Annie Lacroix-Riz, historienne, dernier livre paru La non-épuration en France (Armand Colin), DANIEL DUBOIS, libre-penseur et syndicaliste (59)

Inspirée par le très fascisant et très russophobe régime clérical polonais, la honteuse résolution votée en septembre 2019 par le « Parlement » européen quasi-unanime assimile le régime nazi exterminateur à l’Union soviétique qui, au prix de sacrifices sans égal, a libéré l’Europe de la peste brune. Cette résolution infâme n’est pas seulement négationniste, elle est liberticide car elle approuve chemin faisant la persécution politique des partis et des symboles communistes dans nombre de pays de l’Est (Pologne, Ukraine, Pays baltes) ; elle banalise en outre insidieusement le nazisme : car prétendre que le communisme historique ne vaut pas plus cher que le nazisme revient objectivement et du même mouvement, qu’on le veuille ou que l’on n’ait même pas l’intelligence de s’en rendre compte, à dévaluer et à diaboliser le premier pays socialiste de l’histoire tout en réhabilitant à mots même pas couverts le régime le plus criminel et sciemment génocidaire de toute l’histoire moderne !

Bien placé pour voir QUI, durant la Seconde Guerre mondiale, combattait vraiment les nazis et QUI avait au contraire collaboré ou tenté de collaborer avec eux, Charles de Gaulle était loin de mettre sur le même plan Hitler et Staline quand, en décembre 1944, il se rendit à Moscou pour signer le premier Traité d’amitié franco-soviétique. Le chef de la France libre déclarait alors : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». Une phrase que devraient méditer les piètres eurodéputés « verts » et « socialistes » qui, alors qu’ils s’apprêtent à quémander les voix communistes au nom de l’ « union de la gauche » à l’occasion des municipales*, n’ont pas craint de mêler leurs voix à celles de francs nostalgiques du fascisme pour mettre à égalité le nazisme exterminateur et son principal vainqueur (de Stalingrad à Berlin en passant par Leningrad et Koursk…), l’Armée rouge ouvrière et paysanne de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

Pour être bien dans l’air anticommuniste de nos temps contre-révolutionnaires, l’amalgame promu par le Parlement européen n’en repose pas moins sur plusieurs supercheries historiques et conceptuelles.

Historiquement, les vrais collabos internationaux qui ont torpillé les efforts de paix de l’URSS et qui ont largement stimulé l’agression hitlérienne sont à chercher à l’Ouest et non à l’Est de l’Allemagne et de la Pologne. Souvenons-nous : alors que l’URSS tentait, malgré l’éloignement géographique, d’armer l’Espagne républicaine agressée par la Triade Franco-Mussolini-Hitler, que l’Internationale communiste aidée par le PCF envoyait les Brigades internationales au secours de l’armée républicaine*, que la France bourgeoise fascinée par le Reich fermait les yeux sur le réarmement allemand et sur la réoccupation hitlérienne de la Rhénanie, que toutes les tentatives soviétiques, continues depuis 1933, pour mettre en place une alliance militaire antihitlérienne anglo-franco-russe étaient systématiquement sabotées par les « démocraties » occidentales et que le danger pointait pour l’URSS de se retrouver seule face à une alliance antisoviétique de facto à l’Ouest et face au Japon militariste à l’Est (« Pacte anti-Komintern »), alors que Londres et Paris signaient le honteux Pacte de Munich abandonnant la Tchécoslovaquie à Hitler et que la dictature polonaise des colonels refusait à Moscou, avec l’appui de fait de Paris et de Londres, le droit d’aller au contact de la Wehrmacht sur le sol polonais en cas d’invasion allemande de la Pologne, alors qu’en 1939, l’Etat-major français resta l’arme au pied sur notre frontière Est (« Drôle de guerre ») et qu’il choisit ridiculement d’envoyer deux corps expéditionnaires français se battre aux marches nord-ouest et sud-ouest de la Russie (Finlande, Caucase) pour tenter de prendre en étau l’Armée rouge …

  • ce sont bien les communistes allemands qui furent les premières victimes des bourreaux nazis ;
  • ce sont bien les Soviétiques qui – seuls – liquidèrent le Blitzkrieg dès l’été 1941 puis stoppèrent l’ « invincible Wehrmacht » à Stalingrad, et qui, pour finir, prirent seuls Berlin en portant le coup fatal au Troisième Reich ;
  • ce sont bien les communistes français qui, bien que menacés de la peine de mort pour « propagande communiste » par le décret du « socialiste » Sérol (9 avril 1940), proposèrent au gouvernement Reynaud d’armer le peuple de Paris et de faire de notre capitale une ville inexpugnable ; ou qui, par l’appel du 17 juin 1940 lancé par le dirigeant communiste Charles Tillon à partir du territoire français, appelèrent les tout premiers le peuple français à résister à l’envahisseur et aux traîtres

Le fait qu’aujourd’hui les petits marquis de la fausse gauche et du « communisme » repenti s’interrogent gravement pour savoir s’il convient de défendre des « staliniens » ou supposés tels menacés par l’euro-Parlement (en les sommant d’abjurer leurs convictions pour prix d’une « défense » par ce petit monde intellectuellement invertébré ) montre en outre que ces gens – dont on se demande bien quel camp militaire ils eussent choisi à Stalingrad ! – sont décidément plus anticommunistes qu’antifascistes. Comme en 1939, l’URSS sert de prétexte à l’anticommunisme, comme quand le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 a servi de pur prétexte à une interdiction du communisme (à l’époque, du PCF) que Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères, avait promise formellement à l’ambassadeur du Reich à Paris le 1er juillet 1939 : car en validant à demi, ou en approuvant carrément l’Euro-parlement de la honte, en entamant derrière lui un nouveau Chemin du déshonneur dont on ne sait que trop où il les conduira tous, en refusant le réflexe démocratique élémentaire consistant à défendre tels qu’ils sont les communistes attaqués par les loups de l’euro-fascisation en marche, cette pseudo-gauche ne montre que trop l’inconsistance de son verbiage « antitotalitaire ». Voilà des gens qui, lorsque les dirigeants anticommunistes de Solidarnosc les appelaient à la rescousse contre la Pologne populaire, déclaraient en chœur, « mais non, nous ne sommes pas contre le socialisme et la propriété socialiste des moyens de production, nous sommes seulement pour le pluralisme politique auquel attente le régime communiste polonais ». La preuve éclatante de leur hypocrisie, la preuve que ce concept fourre-tout de totalitarisme ne vaut rien, c’est que désormais, le socialisme polonais a été arasé, les Chantiers de Gdansk ont fermé, des millions d’ouvriers et de paysans polonais ont repris le chemin de l’émigration pour gagner misérablement leur vie, et cela ne dérange en rien les petits messieurs de la Solidarité…  anticommuniste. Mais pire, maintenant que le régime polonais brise le pluralisme politique et persécute les communistes à Varsovie, c’est encore CONTRE LES COMMUNISTES PERSECUTES et non pas contre les anticommunistes fascisants et persécuteurs, que se tourne à nouveau l’ire de notre vertueuse « gauche » antitotalitaire. Preuve par A + B que ce qui a jamais intéressé ces gens, c’est bien l’anticommunisme – au prix s’il le faut, de la dictature de droite !– et nullement l’antifascisme – au prix élémentaire du Front populaire antifasciste pour la paix et la démocratie, chacun gardant ses convictions propres sur les questions idéologiques et historiques.

On peut discuter sereinement, en se respectant les uns les autres, de toutes les questions historiques et idéologiques intéressant le passé et le futur du combat pour le socialisme. Sur la base des faits dûment et contradictoirement établis, on peut discuter de l’URSS avant, après et pendant l’époque de Staline. C’est une chose dont nous ne pourrions d’ailleurs même pas rêver si les millions de Soviétiques tombés dans la lutte antihitlérienne, les dizaines de milliers de Fusillés communistes (en immense majorité FTP) morts chez nous pour la liberté, de Châteaubriant à la Citadelle d’Arras en passant par le Mont Valérien, n’avaient pas sacrifié leur vie au profit, entre autres, d’individus d’une ingratitude et d’une hypocrisie confondantes. Mais c’en est une tout autre que  de mettre en avant ces débats nécessaires, et dont nous communistes n’avons absolument pas peur, pour FAIRE BLOC AVEC L’U.E. FASCISANTE, RUSSOPHOBE ET ANTICOMMUNISTE et pour régler des comptes avec une partie mal-pensante du mouvement populaire à l’abri des lois d’exception qui arrivent à nouveau, et qui à l’arrivée, frapperont TOUS les démocrates.

A nouveau, comme dans les années trente, l’histoire va soumettre chacun à un test imparable : faire bloc avec l’UE du grand capital, avec les russophobes revanchards et avec les fascistes contre les communistes en enfilant la tenue de combat « antitotalitaire » ou, avec les communistes, sauver les conditions d’un libre débat sur le socialisme passé et à venir en combattant SANS MEGOTER la fascisation galopante et la marche à la guerre antirusse de notre continent à la dérive.     


*Au fait, camarades du PCF, accepterez-vous de faire liste commune aux municipales avec les partis « verts » et « socialistes » qui approuvent les persécutions anticommunistes à l’Est et qui à demi-mots, veulent interdire la faucille et le marteau en Europe, ou débaptiser les places honorant la Mémoire de Stalingrad à Brive ou à Paris ? Il est vrai que la direction de votre parti s’est dérobée d’avance – croit-elle ! – aux persécutions, en abandonnant depuis longtemps l’emblème ouvrier et paysan de l’Internationale communiste et du grand PCF de la Résistance et du Front populaire !

Autre question : après une pareille motion de la honte, y a-t-il encore un communiste pour prétendre que cette Europe anticommuniste et fascisante peut « être réorientée du dedans » ?

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